« D’ailes brisées à elle sensuelle » de par cette œuvre poétique, Frédérique Bourdin ne nous délivre ni un message ni un testament. Elle ne définit pas le monde mais, humblement, nous demande une présence amicale. Le lecteur devient un confident, ce visiteur d’un soir que l’on retient du geste et de la voix et auquel, lorsque le jour baisse, l’on se raccroche comme à un dernier recours…
De ces instants arrachés à la nuit et à la solitude, il semble que dépendent le salut du poète et la survie de l’amour qui se dérobe autant qu’il l’habite. Ici, la poésie est placée sous le signe de l’instant qui se renouvelle, inséparable du temps de l’écriture et de celui de la lecture, elle est environnée de ce silence qui éclaire la parole, et dans lequel l’être se révèle menacé par le néant…
Poète de l’intime, Frédérique Bourdin entend les voix secrètes qui nous hantent et vivent à l’intérieur de nous, elle n’en est pas seulement un simple écho sonore mais : la messagère… !
En effet, Frédérique Bourdin possède cette inspiration mystérieuse qui élève le verbe au dessus de l’étiage ordinaire et qui charrie dans son sillage son flux d’images, de pensées, de sensations et, « si son cœur lui parait petit… », c’est que son chant d’amour galvanise l’énergie de son âme, fouette son désir de vie et sa fierté d’être et en cela la renforce dans son refus d’accepter l’irrémédiable…
Avec « D’ailes brisées à elle sensuelle » plus que d’autres, elle ressent et traduit le poids de la destinée et malgré les contradictions inhérentes à la nature humaine, elle croit, tout en le sachant fragile et peut être hors d’atteinte, à l’amour, à cette force qui la dépasse et transcende sa prose au niveau des plus grands. D’elle, elle nous offre autant l’intime que la force et le pouvoir d’aimer au-delà du temps et ses abîmes…Et, tant qu’il y aura des âmes sensible à la poésie, c’est-à-dire des âmes et des corps rêvant, aimant, souffrant, capables de chanter la vie autant dans ses joies que dans ses douleurs, de par son langage imagé et rythmé s’enracinant au cœur même de l’être, celle de Frédérique Bourdin demeurera : intemporelle…
« D’ailes brisées à elle sensuelle » perpétue cet état instable, qu’Ovide a si bien dépeint dans les « Métamorphoses ».
Au bord de l’anéantissement, sur le seuil de la pétrification, face au rapt qui saisit et suspend, dans l’élan brisé que fixe la mort, Frédérique Bourdin oscille sur un fil aux limites de l’obscur et de par sa poésie, à la fois personnelle et universelle, comme un papillon devenu phénix, elle entrouvre ses ailes et nous convie à l’espérance : « d’un amour qui éclabousse le ciel… ».
De l’absence et ses manques, elle connaît la présence mais là où beaucoup se contentent de larmoyer sur eux même, elle, féminine et d’une sensualité à fleur de peau, en quête d’absolu, exploratrice des ombres qui l’agitent, parfois perdue mais toujours animée de la même soif, elle va jusqu’au bout d’elle-même et de ses chagrins comme de ses désirs sans cesse testent les limites…
Alors, de son étoile, Frédérique Bourdin nous confie en partage, le besoin de chaleur…Ce besoin qui nous habite tous et qui de page en page nous étreint toujours plus fort.
« D’ailes brisées à elle sensuelle » un recueil que je vous invite à lire et découvrir et qui, de par la palette des sentiments qu’il projette, ne pourra laisser aucun d’entre vous indifférent…
Qui sait ce qu’il vous révèlera de votre Moi intérieur, de cet autre en vous que vous n’osez affronter de peur qu’il ne vous dérange… ?
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- PHILIPPE LEMOINE, poète
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